
En Espagne, votre fiscalité dépend d’abord d’un statut : résident fiscal ou non-résident. De cette distinction découlent l’impôt sur le revenu, les taxes immobilières (à l’achat, chaque année, à la revente) et la convention qui évite la double imposition avec la France. Voici un panorama clair et à jour pour 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé : les taux et seuils varient selon les régions et évoluent chaque année.
Résident ou non-résident : la distinction clé
Vous êtes considéré comme résident fiscal espagnol si vous passez plus de 183 jours par an en Espagne, ou si votre centre d’intérêts économiques s’y trouve. Un résident est imposé sur ses revenus mondiaux via l’IRPF. Un non-résident n’est imposé que sur ses revenus de source espagnole, via l’IRNR. Cette distinction commande tout le reste.
L’impôt sur le revenu : IRPF et IRNR
Pour un résident, l’IRPF est un barème progressif (globalement de l’ordre de 19 % à 47 % selon les tranches et la région) appliqué aux salaires, pensions et revenus locatifs, où qu’ils soient perçus.
Pour un non-résident, l’IRNR ne vise que les revenus espagnols. Sur un loyer, le taux est d’environ 19 % pour un résident de l’Union européenne (avec déduction des charges) et de 24 % hors UE (sans déduction). Même un bien non loué génère un impôt sur un « revenu immobilier imputé », calculé sur un faible pourcentage de la valeur cadastrale.
Les impôts immobiliers, étape par étape
À l’achat : l’ITP sur un logement ancien (6 à 10 % selon la région — à Valence, l’ITP baisse à 9 % en 2026) ou la TVA de 10 % + l’AJD sur un logement neuf. Le détail est dans notre article sur les frais immobiliers en Espagne.
Chaque année : l’IBI (taxe foncière municipale, environ 0,4 à 1,1 % de la valeur cadastrale), la taxe d’ordures, et l’impôt sur le revenu locatif ou imputé. Voir notre guide des impôts locaux sur l’immobilier à Valence.
À la revente : l’impôt sur la plus-value (barème de 19 à 28 % pour un résident ; environ 19 % pour un non-résident de l’UE, avec une retenue de 3 % prélevée par l’acheteur), plus la plus-value municipale (plusvalía) versée à la mairie.
L’impôt sur la fortune (Patrimonio)
L’Espagne applique un impôt sur la fortune régional, dû sur le patrimoine net au-delà d’un seuil (souvent 700 000 €, la résidence principale bénéficiant d’un abattement supplémentaire). Il varie fortement selon la région : quasi neutralisé à Madrid, appliqué en Communauté Valencienne. Un impôt national de solidarité vise en plus les très grandes fortunes.
Succession et donation
L’impôt sur les successions et donations (ISD) est lui aussi régional et dépend du lien de parenté. En Communauté Valencienne, les transmissions entre proches bénéficient d’abattements importants. Anticiper cette fiscalité est essentiel pour un projet patrimonial.
La convention fiscale France-Espagne
La convention entre les deux pays évite la double imposition. En règle générale, un bien immobilier est imposé dans le pays où il est situé, et les revenus sont déclarés dans les deux pays avec un mécanisme de crédit d’impôt. Concrètement, être propriétaire en Espagne implique le plus souvent une déclaration en Espagne (IRNR ou IRPF) et une mention dans votre déclaration française.
Questions fréquentes
Suis-je résident fiscal en Espagne ?
Vous êtes en principe résident fiscal si vous passez plus de 183 jours par an en Espagne, ou si votre centre d’intérêts économiques y est situé. Un résident est imposé sur ses revenus mondiaux (IRPF) ; un non-résident, uniquement sur ses revenus de source espagnole (IRNR).
Un non-résident paie-t-il des impôts en Espagne ?
Oui. Un non-résident propriétaire paie l’IBI (taxe foncière), un impôt sur le revenu locatif s’il loue (IRNR) et, même sans louer, un impôt sur un « revenu immobilier imputé ». À la revente, il paie l’impôt sur la plus-value avec une retenue de 3 %.
Quelle est la taxe foncière en Espagne ?
C’est l’IBI (Impuesto sobre Bienes Inmuebles), une taxe municipale annuelle représentant environ 0,4 à 1,1 % de la valeur cadastrale du bien, selon la commune. Elle s’ajoute à la taxe d’enlèvement des ordures.
Ma pension française est-elle imposée en Espagne ?
Cela dépend de son origine : les pensions publiques restent généralement imposées en France, les pensions privées peuvent l’être en Espagne. La convention fiscale France-Espagne évite la double imposition. Voir notre guide sur la retraite en Espagne.
Quels impôts paie un non-résident à la revente ?
L’impôt sur la plus-value (environ 19 % pour un résident de l’UE), avec une retenue de 3 % du prix prélevée par l’acheteur à titre d’acompte, plus la plusvalía municipale calculée par la mairie.
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