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« Go home » : qui fait vraiment monter les prix de l’immobilier à Valence ?

Par Tristan

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Le 4 octobre 2026
Immeuble d'habitation à Valence, balcons fleuris

Il y a un commentaire que nous connaissons par cœur chez BuenApart.

Nous publions un appartement à vendre sur les réseaux sociaux. Quelques heures plus tard, quelqu’un écrit : « Go home. » Parfois en anglais, parfois en espagnol, parfois avec des variantes que nous ne reproduirons pas ici.

Le message est toujours le même. Les étrangers achètent les logements des Valenciens, font grimper les prix et n’auraient rien à faire ici.

Ce commentaire mérite une vraie réponse. Pas une réponse polie. Une réponse avec des chiffres, et avec une question que personne ne pose jamais : qui vend ?

Maricarmen, 87 ans : le visage de ceux que la hausse met dehors

Commençons par ceux qui ont raison d’être en colère.

Le 23 septembre 2026, à Madrid, la police a expulsé Maricarmen de l’appartement du quartier du Retiro où elle vivait depuis l’âge de 17 ans. Elle en a 87. La société propriétaire de l’immeuble lui demandait un loyer de 1 650 € par mois, soit 275 % de plus. C’était la quatrième tentative d’expulsion. Elle est partie à l’hôpital, sans solution de relogement.

Son histoire a mis le feu aux poudres dans tout le pays. À Valence, des centaines de personnes campent devant la mairie pour demander l’arrêt des expulsions, la limitation des appartements touristiques et l’encadrement des grands propriétaires.

Cette colère, nous la comprenons. À Valence, le mètre carré a atteint 3 485 € en juillet 2026, un record, en hausse de 8 % sur un an. Pour un jeune couple valencien, un locataire de longue date ou un retraité qui loue depuis quarante ans, la hausse n’est pas un chiffre. C’est un déménagement forcé en banlieue, ou pire.

Mais regardez bien qui a expulsé Maricarmen. Ce n’est pas un retraité néerlandais. Ce n’est pas un couple français. C’est une société d’investissement espagnole.

De l’autre côté de la table : ceux qui signent avec le sourire

Maintenant, parlons de ceux dont on parle moins.

Chaque fois qu’un étranger achète un appartement à Valence, quelqu’un le lui vend. Et ce vendeur, très souvent, est valencien. Il a acheté il y a vingt ans. Il a hérité de l’appartement de ses parents. Il veut acheter plus grand, partir à la plage, aider ses enfants.

Et ce jour-là, devant le notaire, il découvre que son bien vaut bien plus que ce qu’il avait imaginé.

Soyons honnêtes : combien de propriétaires se plaignent de la hausse des prix au moment de signer ? Nous en avons accompagné beaucoup. Nous n’en avons jamais vu un seul refuser une offre parce que l’acheteur avait un passeport étranger.

C’est le paradoxe de Valence en 2026. On peut trouver que la hausse est injuste quand on cherche à se loger, et trouver qu’elle est méritée quand on vend. Souvent, c’est la même famille. Les parents vendent au prix fort, les enfants n’arrivent plus à acheter.

Les deux réalités existent en même temps. Le débat devient malhonnête dès qu’on en cache une.

Le chiffre qui dérange : 87 % des acheteurs sont espagnols

Au premier trimestre 2026, selon les registres de la propriété espagnols, les acheteurs étrangers ont réalisé 13,05 % des achats de logements dans la province de Valence. Autrement dit, près de 87 % des acheteurs sont espagnols.

Et ces 13 % comptent tous les étrangers, y compris ceux qui vivent, travaillent et paient leurs impôts ici depuis des années.

La forte pression étrangère existe bel et bien, mais ailleurs : dans la province d’Alicante, les étrangers achètent 44,65 % des logements. Valence n’est pas la Costa Blanca.

Alors oui, la demande internationale pèse sur le marché valencien. Mais elle arrive après une liste plus longue : le manque de logements neufs, les appartements touristiques, les investisseurs institutionnels, les Espagnols venus de Madrid ou de Barcelone, les étudiants, les télétravailleurs. Accuser le passeport de l’acheteur, c’est confortable. C’est surtout faux dans 87 cas sur 100.

Qui fixe le prix ? Le propriétaire. Pas l’agence.

C’est l’autre accusation qu’on entend : « Les agences internationales font monter les prix. »

Remettons les choses dans l’ordre. Une agence ne fixe pas le prix d’un appartement. C’est le propriétaire qui décide du prix affiché, et c’est l’acheteur qui décide s’il l’accepte. L’agence conseille. Elle ne signe rien à la place de personne.

Et notre conseil, très souvent, c’est de baisser.

Chaque semaine, un propriétaire nous appelle avec un prix trouvé sur un portail, gonflé de 15 ou 20 %, parce que « le voisin a vendu à ce prix-là » ou parce que « les étrangers paient plus ». Les étrangers ne paient pas plus. Ils comparent, ils font estimer, ils négocient, et ils passent leur chemin quand le prix est déconnecté.

Un appartement trop cher ne se vend pas. Il reste six mois en ligne, il « brûle », et il finit par se vendre en dessous de sa vraie valeur.

Faisons le calcul. Sur un appartement à 300 000 €, afficher 30 000 € de plus rapporterait à l’agence 600 € d’honoraires supplémentaires. Pour six mois de visites inutiles. Aucune agence sérieuse n’a intérêt à gonfler un prix. Notre intérêt, c’est de vendre, vite et bien.

Notre rôle : ramener chaque bien à son juste prix

BuenApart est une agence immobilière. Nous travaillons avec des clients français, c’est une partie importante de notre histoire. Mais nous accompagnons aussi des vendeurs espagnols, des acheteurs belges, néerlandais, américains, et des Valenciens qui vendent à d’autres Valenciens.

Notre métier n’est pas de décider qui a le droit d’acheter à Valence. Notre métier est de mettre en relation ceux qui vendent et ceux qui achètent, au juste prix : celui que le marché réel paie, pas celui qu’on espère.

Concrètement, cela veut dire :

  • estimer un bien sur les ventes réellement signées dans la rue, pas sur les annonces des portails ;
  • dire non à un mandat quand le prix demandé n’a aucune chance de se vendre ;
  • expliquer à un acheteur venu de l’étranger qu’un appartement est surcoté, même si c’est le nôtre.

Un marché où les prix collent à la réalité, c’est un marché où les biens se vendent, où les vendeurs ne rêvent pas, et où les acheteurs, d’où qu’ils viennent, y compris ceux qui achètent à distance, ne paient pas une surprime. C’est notre façon, à notre échelle, de ne pas ajouter de l’huile sur le feu.

Le marché est plus compliqué qu’une nationalité

Alors oui, le logement est devenu un vrai sujet à Valence. Oui, les prix ont fortement augmenté. Oui, des gens comme Maricarmen paient le prix d’un système qui ne protège plus les locataires.

Mais réduire tout cela à « les étrangers prennent les logements des locaux » ne raconte qu’une partie de l’histoire. Et c’est la partie qui arrange tout le monde : elle évite de parler de l’offre qui manque, des fonds qui achètent des immeubles entiers, et des propriétaires locaux qui vendent au plus offrant.

Il reste une question, plus simple : qu’est-ce que ça veut dire, « rentrer chez soi » ?

Après dix ans à Valence, un travail, des amis, une vie de quartier, un enfant scolarisé ici, où commence et où finit exactement « chez soi » ? La réponse est moins simple qu’un commentaire Instagram.

Quant au « Go home » ?

On l’a bien lu. On en a discuté.

Et après réflexion, notre réponse reste assez simple : non.

On aime beaucoup trop Valence.

PS : Vous pouvez continuer à nous dire de rentrer chez nous. Pendant ce temps, on continuera à vendre des appartements aux Espagnols, aux Français et à tous ceux qui ont envie de vivre ici. Au juste prix.

Questions fréquentes

Les étrangers font-ils monter les prix de l’immobilier à Valence ?

Ils y contribuent, mais ils sont minoritaires : 13,05 % des achats dans la province de Valence au premier trimestre 2026, contre 44,65 % dans la province d’Alicante. Le manque d’offre, les locations touristiques et les investisseurs pèsent aussi lourd.

Qui fixe le prix d’un appartement à vendre ?

Le propriétaire, toujours. L’agence conseille un prix, l’acheteur l’accepte ou non. Une agence n’a aucun intérêt à surcoter : un bien trop cher reste invendu.

Combien coûte le mètre carré à Valence en 2026 ?

En moyenne 3 485 €/m² en juillet 2026 selon idealista, en hausse de 8 % sur un an, avec de gros écarts selon les quartiers : environ 5 100 €/m² dans l’Eixample, moins de 2 500 €/m² à Rascanya.

Comment vendre son appartement à Valence au juste prix ?

En partant des ventes réellement signées dans le quartier, pas des prix affichés sur les portails, et en se faisant accompagner par une agence qui touche des acheteurs locaux et internationaux. Ce que nos clients en disent : leurs témoignages.

Vous avez un appartement à vendre à Valence ?

Nous vous disons ce qu’il vaut vraiment, même si ce n’est pas ce que vous espériez. Demandez une estimation gratuite au juste prix, sur place ou à distance.

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